Chérif Bouyé HAÏDARA de Nioro du Sahel: ‘‘j’ai juré que je ferai tomber IBK avant la fin de son régime’’

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Fidèle à ses habitudes, le Cherif de Nioro a fait une sortie musclée, après la prière du vendredi 12 avril 2019, dans sa Zawiya de Nioro, contre le Chef de l’État avec qui il n’est plus en odeur de sainteté, depuis quelques années. Au cours de ce sermon du vendredi, le chef religieux a juré de faire chuter IBK avant la fin de son mandat. Lisez plutôt sa déclaration.

« Gloire à Allah, nous rendons grâce au Tout-Puissant de nous préserver dans sa miséricorde.

Je me glorifie aujourd’hui d’être un fils de Cheick Hamaoula plus connu sous le nom de Cheikh Hamallah est de la tribu des Ahel Moh’ammad Sidi Chérif de Tichitt en Mauritanie.

Gloire à Allah, nous rendons grâce au Tout-Puissant de nous préserver dans sa miséricordieux.

Je me glorifie aujourd’hui d’être un fils de Cheick Hamaoula plus connu sous le nom de Cheikh Hamallah est de la tribu des Ahel Moh’ammad Sidi Chérif de Tichitt en Mauritanie.

Son père, Mohamedou Ould Seydna Oumar, fin lettré, réputé pour son rigorisme en matière de religion, s’installe, pour faire du commerce, un peu plus loin à Kamba-Sagho, près de Niamyna sur les bords du Niger (Cercle de Ségou). Une créature et un homme de dieu qui sait toujours battu pour l’islam dans son vrai sens. Je rends hommage au prophète Mahamed paix et salut sur lui de nous guider vers le chemin de l’univers.

Je suis issu d’une famille de royaume chérifien, des grands hommes qui ont fondé des grands empires. Ma conviction sur la réalité de la vie est fondée plus tôt à la construction d’une vie meilleure de mes concitoyens que mon intérêt personnel.

Je m’incline devant la mémoire de nos vaillants soldats et civils qui ont perdu la vie au cours de ces dernières années à cause de la mauvaise gouvernance dont nous avons tous une part de responsabilité.

Je me suis engagé en politique suite à une décision qui me semblait anormale pour notre religion en 2012, le code la famille qu’ATT et ses députés ont voulu nous imposer pour faire plaisir à l’occident. Après ce combat gagné en son temps contre le régime en place, nous avions décidé de nous impliquer dans la gestion des affaires publiques, en conjuguant nos efforts à soutenir le président IBK au scrutin de 2013. Mais hélas, nous nous sommes trompés de la personne que nous avons connue avant 2013. C’est pourquoi pendant la 3e année de son mandat, j’ai décidé de retirer toute ma confiance en lui pour ne pas être complice de sa mauvaise gouvernance. En 2018, j’ai décidé de soutenir la candidature d’une autre personne pour qu’il sache que je suis contre lui. Vous vous rappelez pendant la campagne présidentielle, une partie de ma famille a été victime d’une attaque terroriste dans la zone de Nara, et je parle sans complaisance, cette attaque a été orchestrée et perpétrée par le fils du président Karim en collaboration avec le fils de Tiékoro Bagayoko, Mohamed. En voulant attribuer cette attaque terroriste à la Katiba de Macina Amadou Kouffa.

Mon combat n’est plus Soumeylou B Maiga, mais plutôt IBK.

Nous avons donné une lourde tâche au président IBK par erreur.

Je vous donne un exemple, quand tu as une Mercedes de 10 tonnes, elle peut supporter le poids de 5 à 10 tonnes, et si tu mets 10 tonnes dans une R 12, le résultat donne quoi ?

IBK est une R 12 et non une 10 tonnes.

Mais j’ai juré au nom de tous ceux qui me sont chers que si je dois vivre aujourd’hui, une semaine, un mois, une année, je ferais tomber IBK avant la fin de son régime. Wassalam ».

Transcription du Cheick chargé de communication du Cherif, Porte- parole UJH Nioro.

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Célébration journée mondiale contre l’esclavage des enfants: le Mali à l’écart de l’événement

Le monde a célébré le mardi 16 avril la journée mondiale contre l’esclavage des enfants. Elle a été instituée en 1995 après la mort d’un jeune Pakistanais de 12 ans. Ce dernier avait tenté de dénoncer les mauvais traitements subis après avoir été vendu pour rembourser une dette familiale. Certes, cette journée n’est pas célébrée au Mali, mais opportune pour la Direction Nationale de la Promotion de l’Enfant et de la Famille. Elle condamne toutes formes d’exploitation des enfants dans le pays et interpelle les parents à la protection des droits des enfants.

Mali : le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga démissionne

Le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga a présenté sa démission ainsi que celle du gouvernement, ce jeudi 18 avril 2019 dans la soirée, au président de la république. Le désormais ex chef du gouvernement devait faire face à une motion de censure ce vendredi à l’assemblée nationale et un rassemblement pour demander son départ. Le Président de la république qui a accepté la démission devrait nommer un nouveau Premier ministre dans les prochaines heures.


Après 16 mois passés à la tête du gouvernementSoumeylou Boubèye Maïga rend le tablier. Dans sa lettre de démission, le désormais ancien Premier ministre remercie le Président IBK pour « la confiance placée en lui ». Il exprime également « sa fierté d’avoir pu servir le pays à un si haut niveau de responsabilité dans une période cruciale » Le chef de l’Etat qui a accepté la démission du Premier ministre a salué ce dernier pour « sa loyauté et son sens du devoir ». Depuis quelques jours le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga était sur la sellette. Des mouvements de la société civile, des leaders religieux mais aussi des partis de l’opposition demandaient son départ. D’ailleurs cette démission du Premier ministre intervient au lendemain du dépôt d’une motion de censure contre lui par des députés de la majorité et de l’opposition. Les débats sur cette motion de censure devaient avoir lieu ce vendredi. Et le porte-parole de l’imam Mahmoud Dicko président du Haut Conseil islamique avait appelé à un rassemblement spontané devant l’assemblée nationale ce vendredi pour soutenir la motiuon de censure. Soumeylou Boubèye Maïga n’aura donc pas attendu ce jour et a préféré rendre sa démission. Après cette démission le Président de la République doit nommer un nouveau Premier ministre dans les prochaines heures.

Yorosso

YOROSSO : les journées culturelles artistiques et sportives de l’Association des élèves et Étudiants des Lycées ont pris fin hier soir (14/04/2019) dans la localité. L’évènement a été marqué par une conférence débat sur le thème « Chômage des jeunes : un obstacle pour le développement du cercle », une causerie sur le choix des filières à l’université ainsi que des animations folkloriques. Selon la secrétaire Générale de l’association, l’objectif est de susciter l’entraide entre élèves et étudiants afin de soutenir les meilleurs étudiants à accéder à des bourses d’études.

A Yorosso, écoutez-nous en direct sur la radio de Yorosso 104.5 Fm

Motion de censure : l’assemblée nationale « disqualifiée » selon des observateurs

La menace de motion de censure contre le Premier ministre par les députés de la majorité est un non-événement, estiment certains observateurs. Selon eux, l’Assemblée nationale n’est pas « légitime » pour demander ou réclamer tout départ du chef du gouvernement. Pour une sortie de crise ces spécialistes préconisent un dialogue social et inclusif.
Boubacar Bocoum est analyste-politologue. Il répond aux questions de Imirana Kilou Maiga.

Apologie du putsch: où sont passé les démocrates ?

« (Mais) j’ai juré, au nom de tous ceux qui me sont chers, que si je dois vivre aujourd’hui, une semaine, un mois, une année, je ferais tomber IBK avant la fin de son régime », voilà le discours incendiaire, mais surtout attentatoire à la sécurité et à la sûreté intérieure de l’État, tenu par le Cherif de Nioro, après la prière du vendredi 12 avril 2019 dans sa Zawiya de Nioro du Sahel. L’apologie d’un coup d’État est sans équivoque, quel que soit le moyen mis en œuvre.

Or, l’article 121 de la Constitution du 25 Février 1992 dispose : ‘’ le fondement de tout pouvoir en République du Mali réside dans la Constitution.

La forme républicaine de l’État ne peut être remise en cause. Le peuple a le droit à la désobéissance civile pour la préservation de la forme républicaine de l’État.

Tout coup d’État ou putsch est un crime imprescriptible contre le peuple malien’’.

Il faut rappeler de l’article 25 qui dispose : ‘’le Mali est une République indépendante, souveraine, indivisible, démocratique, laïque, et sociale.

Son principe est le Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. (…).’’

Et l’article 26 qui dit : ‘’la souveraineté nationale appartient au peuple tout entier qui l’exerce par ses représentants ou par voie de référendum.

Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice’’.

Du point de vue de la loi, le Chérif de Nioro entré en rébellion contre le pouvoir est clairement en faute. Mais, a-t-il réellement conscience de la gravité de ses propos et de leurs conséquences ? Certainement pas, même si par ailleurs nul n’est censé ignorer la loi.

À la différence du religieux entré en politique tout de même, les démocrates qui ont été les témoins de ce discours subversif en connaissent les implications. Ont-ils prononcé une quelconque condamnation ? Que nenni ! Devraient-ils encore se prévaloir du qualificatif de démocrates ? Assurément pas. Il y a donc complicité de conspiration contre les institutions de la République. Voici jusqu’où peut mener la boulimie du pouvoir sous nos cieux. Sans aucune espèce de procès en sorcellerie, mais nos démocrates sont des putschistes ambulants, en plus d’être des autocrates au sein de leur formation politique. Il y a un péril sur notre démocratie venant des acteurs démocratiques eux-mêmes. Cela aussi, il faudrait y faire face avec la même détermination mise à balayer un régime démocratiquement élu, tout de même.

PAR BERTIN DAKOUO